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TOPS 10

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La Montbazinoise (02)

Samedi 2 juillet 2016

Initialement, mon planning de courses à pied devait m'amener à Morcourt afin de participer dimanche matin au Trail des Sources de la Somme sur une distance de 18,5 kilomètres en compagnie de mon pote Olivier. Mais malheureusement avec ma mutation professionnelle qui a eu lieu, mon cycle de travail a changé et je dois maintenant travailler le dimanche 3 juillet au matin. Donc j'ai cherché une solution de repli et j'ai trouvé une course nature de 11 kilomètres qui a l'air fort sympathique, toujours dans le département de l'Aisne comme Morcourt, mais qui a lieu ce samedi après-midi. Vu que je travaille samedi matin, ça me laisse un peu de temps pour me rendre sur les lieux de la course.


Cette course de repli se déroule à Courboin. Enfin, seulement le départ et l'arrivée, car le reste du parcours se fait dans la nature de l'Aisne. Je sais que Courboin est une ville ''super connue'', mais je vais quand même faire un petit rappel géographique. Courboin est en fait un petit village peuplé d'environ 300 âmes. Il est situé à une dizaine de kilomètres au sud-est de Château-Thierry. Voilà ce qui place un peu mieux Courboin sur une carte. Au programme de l'organisation, 5 courses :
- 14h30 : marche nordique de 2h30.
- 15h00 : course école athlé et poussins de 800 mètres.
- 15h10 : course benjamins de 1600 mètres.
- 15h30 : course populaire et minimes de 3,75 kilomètres.
- 16h15 : course des As de 10,75 kilomètres.
Je vais participer à la course des As et mon fils à la populaire dans la catégorie des minimes.


C'est avec une grosse envie de dormir que j'arrive à Courboin. L'enchaînement des cycles de travail combiné avec des horaires très très matinaux (réveil à 3 heures du matin), m'ont fait lutter contre la fatigué durant le trajet entre mon lieu de travail et celui de la course du jour. A un point que je me suis même demandé si je'n'allais pas simplement voir mon fils faire sa course sans que je participe à la mienne. Mais bon, ceux qui me connaissent savent bien qu'il en faudrait tout de même plus pour que je fasse une impasse sur une course. Par contre, ce qui m'inquiétait un peu quand on s'approchait de Courboin, c'est le paysage de campagne vraiment très vallonné. Nous nous stationnons sur la Place de l'Église, juste à côté de la mairie où le retrait des dossards s'effectue.


Nous allons chercher les nôtres Je nous avais pré-inscrits donc il n'y a plus qu'à s'acquitter du montant des courses (gratuit pour les minimes de la course populaire et 5 euros pour les participants de la course des As. Pas cher du tout. Retour à la voiture pour nous préparer puis nous allons marcher sur une bonne partie du parcours de la course de Lucas. Le long final fait bien peur. En fait il ne s'agit pas d'une course nature mais tout simplement d'un trail. Lucas commence ensuite son échauffement. Je le laisse faire seul car ce n'est pas la grande forme pour moi.



COURSE POPULAIRE :

José Bastos, speaker, organisateur, avant d'être coureur de la Course des As, appelle tous les participants à la Course Populaire à se rendre derrière la ligne de départ. Il n'est pas encore tout à fait l'heure, mais il appelle tous les coureurs un à un. Comme tout le monde est présent, le départ va être donné. Mais un premier coup de pistolet du starter retentit par erreur. Certains coureurs étaient partis mais José les rappelle et les invite à se remettre derrière la ligne de départ. Puis ce coup-ci c'est le bon coup, car le pistolet retentit à nouveau et les coureurs empruntes la Rue du Cimetière.




Une descente bien raide sur bitume pour débuter. Les premiers sont partis très rapidement, ce qui n'est pas le cas de Lucas qui a bien écouté mes recommandations : ne pas partir trop vite et bien se concentrer sur la pose du pied au sol afin d'éviter les embûches Il se retrouve en bas de la Rue du Cimetière en queue de peloton. Un peu plus loin derrière lui, se trouve un groupe de quatre coureurs. C'est la queue de course. Virage serré à gauche sur la terre, où un coureur chute trois-quatre mètres devant mon fils. Ça remonte le long des jardins communaux, puis virage à droite pour entamer la descente du Chemin de Courboin. C'est étroit et l'herbe recouvre tous les pièges. Une fois en bas, il faut entamer la grande et difficile remontée vers Les Longeards.




Un peu de faux-plat montant dans les champs puis c'est une longue descente toujours dans les champs. Le virage suivant sur la droite est toujours en descente mais c'est particulièrement raide. D'ailleurs Lucas compare cette descente à un toboggan. Il marche à des moments. Puis en bas un petit peu de plat juste avant d'entamer la longue ascension en direction du cimetière de Courboin. Les coureurs passent un à un et on arrive au tour de Lucas qui a largué un jeune qui était parti en même temps que lui.




Nous arrivons à l'angle du cimetière et du chemin qu'ils ont pris tout au début. Virage à gauche pour la dernière difficulté du parcours : la remontée de la Rue du Cimetière. J'accompagne Lucas sur quelques hectomètres et quand il se rapproche de la ligne d'arrivée, je le laisse y aller seul. Il finit par franchir la ligne d'arrivée 10ème/15 en 21'04''.Il retourne se désaltérer à la voiture pendant que je termine de préparer ma tenue de coureur.




COURSE DES AS :

Maintenant c'est à mon tour de jouer. Toujours pas vraiment bien réveillé, mais ça va quand même mieux. J'aurais fait un tout petit échauffement mais je n'ai pas l'intention de partir trop vite donc ça me permettra de monter en température lors du début de course. Au dernier moment, je décide de faire un changement de chaussures. Je laisse mes chaussures de route pour les troquer contre celles de trail. Je sais que je suis moins à l'aise dans celles-ci mais vu le parcours que j'ai partiellement découvert pendant la course de mon fils, je me suis dit que ça pouvait être pas mal. Puis je me dirige vers la mairie pour me placer derrière la ligne de départ qui est tout en haut de la Rue du Cimetière.







José Bastos a lâché le micro pour mettre la tenue de course et fait figure de favori. Le coup de pistolet donne le départ. Nous commençons donc par la descente de la Rue du Cimetière qui est assez raide. Mais comme prévu, je ne pars pas vite et je me retrouve débordé par beaucoup de coureurs. Il y en a beaucoup qui sont partis assez vite. Je laisse faire sans m'affoler car je sais que si ça va bien, je pourrais remonter quelques places. Donc je poursuis à un bon rythme mais sans me mettre au taquet. J'arrive au niveau du cimetière et il faut faire attention dans le virage serré sur la gauche qui nous fait quitter le bitume pour la terre et l'herbe, là où a eu lieu une chute lors de la course précédente.





Je prends le plus à droite possible, même si ça fait faire un peu plus de distance, mais c'est moins douloureux pour les articulations et surtout ça évite un éventuel contact avec un autre coureur car sur ce bas de descente, on va quand même vite. Une petite remontée sur ce chemin sur une bonne cinquantaine de mètres avant de tourner à droite sur un chemin très étroit sur de l'herbe assez haute et une grande descente le long des jardins puis d'un pâturage. Il s'agit du Chemin de Courboin. Les appuis sont très délicats car les trous cachés sous l'herbe, ont tendance à nous rapprocher très dangereusement de la clôture. Il faut rester très concentré. Puis en bas, je passe sur un petit pont et c'est parti pour la première vraie ascension. Nous sommes dans un bois avec un sol très gras. J'essaye de slalomer un peu pour éviter les trop gros passages de boue et je commence à être satisfait de mon choix de chaussures. Ça monte bien et sur la fin je perds quelques places. Mais après 500 mètres d'ascension, nous quittons le bois pour retrouver quelques maisons isolées tout en haut de la colline et un tout petit peu de bitume qu'on quitte aussitôt car on court maintenant dans les champs. Un peu de plat, avant un petit faux-plat montant suivi d'un longue descente. Mais il est difficile d'aller vite sur ce type de sol. L'herbe, même si elle a été coupée, reste haute et les appuis sont difficiles.






Je n'ai plus perdu une seule place dans cette première partie de la descente et je fais même jeu égal avec les coureurs qui me précèdent de 15-20 mètres. Je ralentis car il faut négocier un virage sur la droite pour continuer à descendre. J'ai passé le kilomètre 2. Tout ce que j'ai fait depuis le départ, on devra le refaire à l'identique mais en sens inverse sur la fin de course. Mais on n'en est pas encore là. Je poursuis ma descente et ça va vraiment très vite. Le mot d'ordre actuel est de rester super concentré. Pas de chute ! C'est cet endroit que Lucas comparait à un grand toboggan et où il avait préféré marcher un peu. J'arrive sur le bas et je ralentis car il y a un nouveau virage à droite.



Ça a tendance à remonter très légèrement mais ça va. Je ne perds rien sur les coureurs qui sont toujours devant moi. J'entends qu'un coureur est proche derrière moi mais je ne me retourne pas. Puis je tourne sur ma gauche. Ça monte beaucoup plus franchement sur ce chemin de terre. Tout en haut se trouvent plusieurs spectateurs qui encouragent assez fortement les coureurs qui y arrivent. A mon tour j'y passe et aussitôt il faut tourner à gauche pour basculer dans une petite descente et retrouver un chemin de terre avec des herbes assez hautes. Je croise Lucas qui m'encourage et c'est parti pour une nouvelle ascension. Je me retrouve pour le moment à la 25ème place.


Je me concentre sans me préoccuper des coureurs devant moi. Je me penche en avant et regarde presque à mes pieds. Il commence à faire chaud et j'entends le coureur derrière moi qui s'éloigne. Plus j'avance, plus la pente devient raide. Ça devient compliqué mais j'arrive à maintenir une vitesse constante et efficace. Un petit talus sur la gauche pour entrer dans le petit village de Montbazin. La pente est beaucoup plus douce et le sol est bitumé. Virage à droite toujours en montée, puis à gauche avec un peu de plat et le premier ravitaillement. Je suis revenu sur le petit groupe devant moi. Je prends vite fait un gobelet d'eau.


Je suis à nouveau sur le même type de chemin que lors de la plupart du temps donc de la terre et de l'herbe haute. Je suis dans le groupe avec les quatre autres coureurs qui le composent. Ça descend et avant le virage à gauche j'en double deux. Puis à la sortie de ce virage, je me retrouve au haut d'une longue descente toute droite dans les champs de 500 mètres. Je change de trajectoire pour doubler les deux autres coureurs de ce groupe et je me lance maintenant à la poursuite de deux autres coureurs qui ont une centaine de mètres d'avance sur moi. Je suis à la 21ème place. Je fais un réel effort tout en restant concentré. Je lâche les coureurs que j'ai doublé et me rapproche assez rapidement des autres. Tout en bas, je reviens sur eux-deux et en double un. L'autre accélère et je lui emboîte la foulée. Nous tournons à gauche pour un chemin très étroit le long d'un ruisseau. A un moment il faut même passer au dessus d'une coulée d'eau. Le vent de face est assez fort à cet endroit. Je perds quelques mètres sur le coureur qui est vêtu en orange. Puis, nous finissons par tourner à droite à deux reprises afin de trouver un chemin plus large en herbe et longer par l'autre côté le ruisseau. Je croise les coureurs que j'ai doublé dans la descente. Je reviens juste derrière le coureur en orange. C'est relativement plat. Je fais un petit effort supplémentaire pour le doubler et il reste derrière moi. 



On reste sur ce chemin et dans cet ordre là pendant un petit kilomètre puis quand nous sommes juste à l'entrée du village de Coupigny, nous devons tourner à gauche pour entamer la plus longue et difficile ascension toujours sur le même type de chemin. Nous nous sommes bien rapproché d'un coureur porteur d'un haut bleu. Mais ça se complique pour moi car je paye un peu les efforts produits et surtout je subis le dénivelé. Tout au loin devant moi je vois un coureur se mettre à marcher car c'est raide. Je décide d'en faire de même car je m'épuise pour rien. Je me force à marcher le plus vite possible et je ne perds presque rien sur le coureur que je rattrapais petit à petit. Le coureur en orange me redouble. Je perds donc ma 19ème place. Quelques secondes plus tard, je décide de me relancer alors que l'ascension n'est toujours pas terminée car d'autres coureurs revenaient sur moi. Je reviens assez rapidement sur le coureur en bleu et le double. Je fais jeu égal avec celui en orange une vingtaine de mètres derrière lui. Ça continue toujours à monter. J'aperçois le sommet mais que c'est long. Mais mon rythme est efficace. Le petit coup de mou est passé. J'arrive enfin à ce second ravitaillement. Un petit gobelet et on tourne à gauche pour une grande descente pleine de trous. Après 450 mètres de descente, me revoilà dans une montée à droite. C'est surtout sur la fin où c'est le plus raide mais ça passe bien. Un peu de descente et je me retrouve à l'endroit où on est passé en début de course au km 2. Je dois donc faire les 2 derniers kilomètres dans le sens inverse.


Ce qui veut dire qu'au lieu d'être dans la longue descente, je suis maintenant dans la longue montée. Mais je suis surpris de voir comment je la négocie bien. Je remonte tranquillement sur trois coureurs que je double progressivement un à un. J'échange quelques mots avec eux et quand j'arrive sur les quelques maisons isolées, j'ai fait un effort supplémentaire pour creuser le trou sur eux. Je suis remonté à la 16ème position. Puis je bascule dans la dernière descente de la course avec la partie très boueuse en sous-bois. Je reviens même un peu sur le coureur en orange. Fini la boue, mais ça descend toujours aussi vite sur l'herbe haute. Je suis pratiquement en bas quand je me déconcentre un peu et la cheville droite se plie fortement. Ça me fait aussitôt ralentir et sans m'arrêter je mets quelques dizaines de mètres à faire le bilan de la blessure. Rien de bien méchant je pense car j'arrive toujours à courir. Je passe le petit pont puis je remonte le long du pâturage et je me rends compte que c'est un peu plus gênant en montée. Je fais la dernière partie en marchant et quand j'arrive à proximité du sommet je me retourne et je vois que les trois coureurs que j'ai doublé peu de temps avant sont juste derrière moi. Alors je termine la montée en courant. Virage à gauche pour une petite portion d'une cinquantaine de mètres en faux-plat descendant jusqu'au cimetière puis je retrouve le bitume en tournant à droite et surtout pour entamer la dernière montée qui va me conduire à l'arrivée. Je ne lâche rien du tout et me force à monter rapidement cette dernière ascension. Je me retourne pour voir que les coureurs qui étaient revenus sur moi ont lâché prise définitivement. Encore une cinquantaine de mètres et je franchis la ligne d'arrivée 16ème en 55'30''.





J'ai réussi à remettre 12 secondes entre moi et mes poursuivants sur la dernière montée sèche. Je marche en boitant pour sortir du sas d'arrivée et je me dirige vers les secours qui s'occupent de moi. Le froid me fait du bien. Ça n'a pas vraiment gonflé, c'est plus une petite torsion qu'autre chose. Un peu de repos demain et je pense que ça sera vite un vieux souvenir.





Puis retour à la voiture pour me changer le haut. J'ai bien sué car mine de rien il faisait assez lourd malgré les quelques petites gouttes au début de la course. Et c'était une course nature digne d'un vrai trail. Ensuite je retourne vers le sas d'arrivée pour applaudir les coureurs qui arrivent. J'ai la bonne surprise de croise Hubert Mailly qui est un responsable des courses hors stade de l'Aisne. Il en profite pour distribuer des flyers afin de promouvoir sa belle course de Berny-Rivière qui aura lieu le 18 septembre. Je lui prends un gros paquet de ces flyers pour en distribuer lors du semi-marathon d'Amiens que je ferais dans 15 jours.





Nous allons ensuite dans la cour de la mairie pour participer aux différentes récompenses et également pour récupérer les cadeaux offerts aux coureurs : une serviette en micro-fibres pour moi et une casquette pour Lucas. Mais auparavant j'étais allé faire un petit tour à la table du ravitaillement final pour y boire un peu de limonade.



Avant de quitter Courboin, je vais acheter quelques crêpes faites par l'organisation. Elles sont délicieuses et plaisent beaucoup à Lucas pour son ''4 heures''. Une tombola a lieu avec deux gains : un magnum de champagne et un repas pour deux personnes dans un restaurant à Château-Thierry. Voilà cette belle après-midi à Courboin qui se termine. J'étais limite en train de dormir en arrivant de mon travail et je finis bien content d'y être venu. C'est une course qui mérite d'être courue à nouveau. Merci à José Bastos et à tous les bénévoles pour cette belle organisation !

4 commentaires:

Christian Trenier a dit…

houuu !!
ça va faire du bruit dans le grand village tout ça dit donc !! ;-)
Merci encore pour tout Jeff.

Jeff a dit…

C'était en tout cas un trail fort sympathique comme je les aime. Même si c'était difficile, le plaisir d'aller de mieux en mieux rend le sourire.

Christian Trenier a dit…

faut aller en Bretagne pour manger des crêpes, allez bonne chance.
Et bravo pour cette nouvelle course.

Anonyme a dit…

Bonjour Jean-François,

Très bel article, j'ai mis le lien sur notre site.
Il est encourageant pour nous.
A l'année prochaine, j'espère, pour une nouvelle aventure vallonnée dans le sud de l'Aisne.
Merci pour votre participation

Sportivement
Patrice Pigal

Athlétic Club de Château-Thierry