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TOPS 10

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33e édition Taulé-Morlaix (29)

Article rédigé par Laura Vallois



Le 6 novembre prochain je vais m’élancer sur les 10 km de Taulé-Morlaix, communes de Bretagne situées dans le Finistère (29). En ce qui concerne cette épreuve, il s’agit de la 33e édition. Répertoriée 10 km à Label International, cette course est pour ainsi dire, très relevée. La lauréate de l’édition 2015 boucle l’épreuve en ...
Cette course est par ailleurs la 4eme et dernière manche du « challenge 10 km Bretagne 2016 ». L’addition des temps des 4 courses du challenge (10 km St-Malo, Corrida de Langueux, Arradon-Vannes, Taulé-Morlaix) donne lieu à une récompense sous la forme d’une prime aux 10 meilleurs hommes et 5 meilleures femmes).

Pour ma part, je m’engage sur cette compétition dans le cadre du challenge hors-stade USCF (l’Union Sportive des Cheminots de France), avant la clôture de mes droits en tant que fille de cheminot.

Pour me rendre à Morlaix j’opte pour le TGV au départ de la Gare de Paris-Montparnasse aux alentours de 14h. Mon arrivée est prévue à 18h04 en Gare de Morlaix. J’effectuerais quelques kilomètres à pied en direction de l’Auberge de Jeunesse de Morlaix, où je passerais 2 nuits.

Au programme de la journée du Dimanche 6 novembre :

  • 13h40 : 33e édition du 10 km international Taulé-Morlaix -15 euros
  • 14h15 : épreuve handisport réservée aux licenciés FFH athlétisme
  • 14h30 : 44e édition du Semi-marathon International Saint-Pol – Morlaix (challenge USCF masculin) – 19 euros

La parcours s’annonce très favorable. D’ailleurs, en 2006 cette course avait été support des championnats de France de 10km, et avait suscité de vifs débats quant au nombre impressionnant de records pulvérisés, s’approchant de la minute. En effet, le parcours comptabilise un fort dénivelé négatif. Les coureurs s’élancent à 90 m de dénivelé et arrivent à 5 m de dénivelé.

Mon sac est prêt, il contient le strict nécessaire pour moi courir demain : mes baskets, une brassière, un short, une paire de chaussettes et surtout, 4 précieuses épingles à nourrice. Il est 10h quand j’arrive à la gare de Chauny (02300). Mon train prévu à 10h13 ne partira qu’à 10h18. Je composte tranquillement mon billet puis je me dirige vers le quai n°2. Je ne peux pas me tromper, le seul autre quai est le quai n°1. A 11h31 j’arrive à Paris Nord, où je dois retrouver Jeff, qui va rester à mes côtés jusqu’au départ de mon TGV. Le RER de Jeff a du retard, j’attends quelques minutes devant mon quai d’arrivée. Soudain, une tape sur l’épaule me fait sursauter : Jeff ! Je suis rassurée !

Tous deux nous partons faire un petit tour dans les ruelles avoisinant la Gare du Nord. Nous allons jusqu’au McDonald’s puis nous rebroussons chemin. Nous décidons d’aller boire un café en Gare de Montparnasse. Pour cela, nous prenons le Métro 4 direction Mairie de Montrouge, pour descendre à la station Montparnasse-Bienvenue. Jeff ne connaît pas cette gare, moi je m’y suis rendue à plusieurs reprises déjà, notamment pour me rendre à Poitiers. Après avoir fait connaissance avec la gare, Jeff me propose de prendre une collation. Nous optons pour la boisson chaude au distributeur, bien moins onéreuse, plus grande, et sans file d’attente. Pas de chance, l’automate que nous choisissons ne détecte pas les pièces de Jeff. Nous nous dirigeons vers une autre machine, qui cette fois-ci n’est plus approvisionnée en boissons sucrées... Enfin, nous en trouvons une troisième et miracle : le chocolat chaud fut ! Nous trouvons facilement un banc pour nous asseoir. Des mendiants s’acharnent à venir nous réclamer de la monnaie, et ce d’une manière pas très polie. Pour cause d’accident de personne, mon train ne sera mis en place que tardivement, et partira avec un retard d’environ 15 minutes, retard qui sera nul à l’arrivée en gare de Morlaix. Notre retard fit le bonheur de Sonia, cheminote de la région lilloise censée prendre le train de 15h03. Elle pu sauter dans le train, façon de parler. Installée en première classe, je me retrouve dans un carré, à la place du fond côté vitre. Face à moi une dame âgée, à qui je redresse le siège, à côté de moi une femme active, assise elle aussi en face d’une dame âgée. Je suis donc « coincée ». le pire dans tout cela, c’est quand ma voisine d’en face se mit à ronfler, la bouche grande ouverte. Ceci a le don de m’énerver. J’essai donc de me concentrer sur mon livre de préparation à l’oral du concours de Sous-Officier de Gendarmerie, que je dois passer à une date située du 7 novembre au 16 décembre. Je n’ai toujours pas reçu ma convocation. Aux ¾ du voyage, des cheminots avec qui je vais partager mon séjour, me propose de me dégourdir les jambes jusqu’à la voiture bar. Je peux enfin m’extraire de ma « prison ». Quand je reviens, il n’y a plus personne, elles sont descendues ! A 18h05, j’arrive à l’heure prévue en gare de Morlaix. Cette dernière étant en pleine rénovation pour la construction d’une nouvelle passerelle, nous devons faire le grand tour, ce qui nous amène à environ 2km à pied de l’auberge de Jeunesse, où nous sommes attendu par la responsable Nationale de l’USCF, Laure. Elle nous distribue nos dossards ainsi que la paire de manchons à l’effigie de la course. Ils sont bleus et j’ai la chance de les avoir en petite taille. Elle nous répartit dans nos chambres. Par comité. Pour Sonia et moi, du Comité Nord-Est, nous partageons notre chambre avec les trois filles du Comité Sud Est Méditerranée. Nous nous installons, dressons nos lits. Moi je dors à l’étage. A 19h30 nous sommes attendus pour le dîner. Au menu du soir, Soupe de Potiron, escalope forestière avec riz, puis du fromage blanc accompagné d’un biscuit. Pour terminer le repas, nous décidons tous d’aller boire un verre, pour moi ce sera du café. Après 10-15 minutes de marche, nous trouvons enfin un lieu adéquat ! J’étais éreintée du trajet, d’autant plus que je n’étais pas dans mon assiette depuis la veille au soir déjà. Le footing de 20 minutes de la veille au soir était interminable. La toux me brûlait la gorge, le coach était perplexe quand à ma participation à la course le dimanche. Mais je m’étais engagée, je devais me tenir à mes obligations. Pour être une équipe, il faut être deux filles et une remplaçante si besoin, et nous n’avions pas de remplaçante. Vers minuit je me couche, telle une masse. Petit hic durant la nuit : celle-ci fut interminable. Une fille s’est mise à ronfler tel un « hippopotame », ce qui m’empêcha de trouver le sommeil, et ce jusqu’à 4h30 du matin. Le réveil était prévu à 8h30... Dure nuit !

A 8h00, une fille me réveille, nous n’étions plus que deux dans la chambre, je me lève donc pour aller prendre le petit déjeuner, aux allures de Brunch, du fait de l’heure de la course : 13h40. Je dois prendre des forces car nous ne remangerons pas avant 19h30... Je m’empresse de me servir en boisson chaude sucrée, pour soulager ma gorge irritée. A mon grand désespoir, il n’y a pas de miel... Par contre, il y a autant de sucré que de salé. Certains en profite pour se préparer un sandwich pour plus tard dans la journée. Moi je vais suffisamment déjeuner pour que ce ne soit mon cas (céréales, tartines sucrées, tartines au fromage, Far breton nature, jus d’orange...). J’en ressors gavée mais pas de panique j’ai 5 h pour digérer ! Je remonte me préparer. Nous quittons l’auberge pour 10h30, beaucoup trop tôt à mon goût. Nous prenons la navette pour Taulé et arrivons vers 11h15/ 20 sur le lieu de départ. Encore 2 heures d’attente... nous aurions pu partir une heure plus tard...



Le temps est menaçant, mais devrait se maintenir notre la course. Tantôt des nuages, tantôt des rayons de soleil, un coup de vent et même quelques gouttes. 13H je fais un dernier arrêt pipi, puis je me change. Sonia et moi allons déposer nos sacs poubelles aux vestiaires prévus à cet effet. Nous collons notre numéro de dossard sur le sac et le mettons dans le camion correspondant. Nous courrons un petit peu, à peine 1 km, puis nous allons nous placer dans le sas déjà bien rempli, aux côtés des filles de l’USCF. Encore 20 minutes d’attente avant le départ. Vêtue d’un sac poubelle pour me tenir chaud, tout comme à Marseille-Cassis, je décide de l’enlever 10 minutes avec l’échéance. Tout va bien, je n’ai pas froid, mais une « envie de pipi » survient. Tant pis, je devrais faire avec, je n’ai plus le temps. Nous faisons les pronostics de chronos, et les filles remarquent que je suis « vaseuse ». 13h40, le starter donne le départ. 



Je mets plus de 10 secondes avant de franchir la ligne. Durant plus d’un km, je ne vais faire que piétiner, éviter, prendre le trottoir... je n’arrive pas à me faire une place, surtout que je sais que la course va mal se passer... A peine le 1er km de franchi que je tousse déjà très fort. Le fait de courir dégage les bronches et me fait tousser. C’est fort irrité, j’ai l’impression d’être à bout de souffle aussi. Je respire telle une bête féroce sortie tout droit de sa grotte !! On passe une côte, je n’ai pas encore mal aux jambes, je n’ai pas de sensations par contre. Je cours parce que tout le monde cours. Un cheminot qui court m’encourage et me dit d’accrocher. Je réponds que je suis malade... je passe en plus de 12 minutes au 3e kilomètre. Les moins de 40 ne sont pas envisageables. Si j ‘accélère de trop, je vais être lactique. Pas manqué, dans le 4e kilomètre nous entamons la descente. j’accélère de peu. Puis dans le 5e kilomètre la descente devient plus pentue. 





Je vois au loin que je me rapproche de plus en plus des 2 cheminotes juste devant moi. Entre le 5e et le 6e j'en double une. Je suis alors en 3’48 au mile. Je me rapproche ainsi de la 2e cheminote jusqu’au moment où l’on retourne sur le faux plat descendant, quasiment plat et que je retrouve mes problèmes de ventilation. Je tousse, encore et toujours, cela m’affaiblis, je me vois mal continuer ainsi sur des bases de 40’30.. Je décide donc de lever le pied. Quelques secondes plus tard, la fille que j’avais doublée me repasse. Elle ira même rechercher celle de devant terminant respectivement 2e et 3e de l’USCF en 40’25 et 40’30. Pour ma part, je réduis fortement l’allure, je fais du 4’20/4’30. Je termine la course en 41’16''... Oh mon dieu ! Surtout à la vue du dénivelé négatif... Mais heureusement je n’ai pas marché ! J’aurais pu mais je faisais partie d’une équipe. Nous faisons 3e équipe féminine sur la 10 km, et nos garçons terminent 1ère équipe sur le semi-marathon Saint Pol-Morlaix. Après avoir discuté avec eux le soir au Nautilus, un bar fort sympathique ouvert depuis peu, à la patronne excellente, il s’agit d’un semi pas facile du tout, avec de belles côtes, surtout dans sa première partie !

A l’arrivée, on me remet une jolie médaille, tout en relief, avec le Viaduc de Morlaix, sous lequel nous arrivons. Un ravitaillement nous est proposé en boisson froides (jus d’orange, coca-cola, eau, bière, ainsi que du quatre-quarts breton, des fruits secs, des oranges...). on nous remet ensuite d’une rapidité et d’une efficacité nos sacs déposés au vestiaire avant la course (même pas besoin de parler, moi qui ne peux plus parler à cause de ma gorge !). De peur de tomber davantage malade, je file directement à l’auberge pour me doucher et me changer. Je suis alors la première rentrée. Rien de telle qu’une bonne douche chaude, très chaude. Après m’être réchauffée, je retourne voir passer les garçons, à 800 m de l’arrivée. Puis, ne me sentant pas très bien, je décide de me rentrer. Ce fit une bonne idée, car à peine 5 minutes après, il tombait des cordes, puis des grêles ! Les pauvres coureurs ! Les propriétaires de l’auberge, compatissant peut-être de me voir ainsi, décident d’allumer la cheminée !! Je suis restée à côté jusqu’à 18h, pour la remise des récompenses et l’apéritif. Au Comité nord-est, nous finissons 2e par équipe. On me remet donc le trophée. A 19h30 sonne l’heure du repas. Ce soir, c’est encore du potage, mais cette fois-ci aux légumes, puis des pâtes à la bolognaises, de la salade, puis un fruit en dessert. Nous retournerons une fois de plus boire un verre. Pour ma dernière participation, Florian (ancien président comité nord et mon recruteur) et Stéphane m’offrent mon Grand café ! Vers 23h30 nous nous rentrons, sous la pluie. Je me mets directement au lit. Le lendemain, c’est debout 6h00, pour un TGV à 7h21, où nous nous rendons à pied. J’arrive en gare Montparnasse vers 11h35 où une fois de plus Jeff m’y attends  Je suis privilégiée ! Nous retournons gare du Nord par le métro. Nous sirotons un cappuccino avant de nous dire au revoir puis je reprends le train à 13h00 (25’ de retard...). Voilà fin de mon périple : 14h15 je suis à Chauny, je me rends chez le médecin où il me diagnostique une laryngite. Je sens que je vais dormir comme un bébé...

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